Quand l'Histoire nous rapproche...

jean-luc-lefevre.monpetitediteur.com

La question de l’identité européenne

Objet de débats passionnés, l’Union européenne a plus de soixante ans, tantôt parée de toutes les vertus, tantôt vilipendée. Certains veulent même sa peau !

Et si les citoyens européens, eux, n’étaient pas nés de la dernière pluie ?

Cette question n’a jamais été posée.

Comme si l’Europe n’était qu’une institution marmoréenne.  Comme si, longtemps formatés par nos États, nous n’étions pas aussi les héritiers d’une culture et d’un quotidien millénaires. Comme si cette Union n’avait d’autre A.D.N.  qu’utilitariste. Comme si nos différences avaient détruit nos racines.

Pistons donc l’homo europaeus : allergique à toutes les frontières, comment s’est-il construit au gré de ses confrontations à l’Espace, à l’Autre et à la longue Durée de Braudel ?


70 pages  -  ISBN : 9782342364453  -   > Commander le livre
La presse en parle

Europe et démographie

Beaucoup de nos compatriotes s'inquiètent: des banlieues métissées, des valeurs qui se diluent et se hérissent parfois, des revendications qui contestent radicalement une culture européenne longtemps homogène, des flux migratoires qui n'en finissent plus...Partout en Europe, un même constat: vivre ensemble ne va plus de soi! De solutions, on n'en voit guère, sinon le repli sur soi sécuritaire, le contrôle de l'entrée sur le territoire, voire la suspension des Accords de Schengen.

Existe-t-il une solution à ces problèmes? Un détour par la démographie s'impose, dont personne ne parle, parce qu'elle dérange et est de nature à remettre en question nos comportements depuis plus de cinquante ans. Un tabou?

La loi d'airain de la démographie (1)

Le nombre d'enfants par femme en âge de procréer, aussi appelé "taux de fécondité", c'est de cela qu'il s'agit. En 2018, le taux moyen mondial est de 2,42 enfants par femme; en Europe, il s'élève à 1,56. En tête du peloton, la France (1,86), suivie de l'Irlande ( 1,71), du Danemark ( 1,7), la Belgique (1,6), les Pays-Bas (1,57), la R.F.A. ( 1,54), le Grand-Duché (1,34).Loin derrière, l'Italie et l'Espagne, respectivement 1,27 et 1,23. Plus loin encore, Malte (1,14).Des chiffres qui regroupent ans un même taux la fécondité des femmes venues d'ailleurs et celles des européennes de souche.

Difficilement contestables, ces chiffres conduisent à des perceptions politiques très différentes, voire clivantes, comme la crainte réelle, ou supposée, de perdre son identité et à des discours plus excessifs les uns que les autres.

Foin de tout simplisme moralisateur dans un débat politique qui a sa place en démocratie. La lucidité commande aussi de répondre autrement qu'avec des slogans à ces inquiétudes quand on revendique une même appartenance culturelle: quelle intégration pour faire société?

Derrière ces chiffres, piochons encore. Les démographes évaluent à 2,12 - 2,15 enfants par femme le seuil incontournable de remplacement d'une génération, ce qui signifie qu'aucun pays de notre "vieille Europe" n'est capable de remplacer sa population appelée à disparaître COMME TELLE au fil du temps.

Est-ce grave docteur? A chacun sa réponse.

De la démographie à l'action collective.

Tout dépend de sa conception du monde et notamment de sa conception de la place du continent européen. Tout dépend aussi de l'importance accordée à la vitalité économique, à la capacité de créer et d'innover, à la volonté de croire que demain vaut la peine d'être vécu, d'encore vivre ensemble avec un projet collectif et dans le respect de la place de la femme dans notre société. L'avenir, vraiment, est NOTRE affaire.

Comment "faire avec"?

"Faire avec", c'est d'abord refuser de s' inscrire dans une posture d'affrontement: quand les radicalités de nos communautarismes se seront imposées, que restera - t - il du tissu social rongé par les colères et les violences?

"Faire avec", c'est aussi faire preuve de lucidité. Plus rien en Europe ne sera comme avant. Parce que nous avons voulu qu'il en soit ainsi en adoptant vers 1960 des politiques familiales qui ont fait l'objet d'un très large consensus démocratique et parce que des populations venues d'ailleurs, de plus en plus nombreuses, sont appelées à se fondre parmi nous.

"Faire avec", c'est enfin assumer les conséquences des choix politiques de la seconde moitié du XXe siècle en se souvenant que l'action publique a pour but de rendre la vie de tous plus conviviale à défaut d'être plus facile. Cela ne sera pas possible sans pédagogie, et donc sans un authentique débat citoyen.

Un nouveau "contrat social" s'impose en Europe. D'urgence!






(1) Chiffres de l'Insee cités par Eurostat, 10 janvier 2022.



















Post� le 01/08/2022 16:22:25
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